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La justice
1968
Jacques De Tonnancour
1917 - 2005

Jacques de Tonnancour hésite entre la carrière scientifique et les beaux-arts. Mais son passage à l’École des beaux-arts de Montréal ne le satisfait pas et il quitte l’établissement après deux ans en dénonçant avec fracas l’académisme. De Tonnancour poursuit sa formation à la Montreal School of Art and Design, sous la direction d’Arthur Lismer, membre du Groupe des sept. Sa première exposition en solo a lieu en 1942 à la galerie Dominion, à Montréal. Après un voyage au Brésil qu’il effectue grâce à une bourse du gouvernement, il est engagé comme professeur à l’École des beaux-arts de Montréal en 1948. C’est au cours de la même année qu’il rédige avec Alfred Pellan le manifeste Prisme d’yeux qui s’oppose à une définition trop étroite de l’avant-garde en peinture. Nommé artiste résident à l’UQAM en 1969, il y enseignera jusqu’en 1982. Il cesse alors complètement sa production artistique et retourne à une passion qui l’a toujours habité : la collecte et la photographie d’insectes.

L’emprise qu’a l’art de Picasso sur lui freine de Tonnancour au point que de 1950 à 1955, il peint très peu. Il s’y remet par le paysage laurentien. L’utilisation d’une raclette en caoutchouc lui permet des variations chromatiques et formelles. Puis, sa peinture devient de plus en plus épurée. Les plages de peinture sont prêtes à accueillir les collages, l’accident, les allusions symboliques, les figures géométriques.

Parmi les distinctions qui lui sont attribuées, notons qu’il est bousier du Conseil des arts du Canada et reçoit, en 1958, le premier prix du Winnipeg Show. En 1966, la Vancouver Art Gallery présente une exposition rétrospective de ses œuvres. En 1979, de Tonnancour est nommé officier de l’Ordre du Canada et reçoit l’Ordre du Québec en 1992.

Tonnancour a réalisé quelques œuvres intégrées à l’architecture. Outre l’ensemble de l’Université de Montréal réalisé en 1968, il exécute un triptyque en collage-peinture pour le planétarium Dow en 1966.

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Détails
Catégorie
Sculpture
Propriétaire
Université de Montreal
Mode d'acquisition
Commande à l'artiste
Matériaux
acier inoxydable, verre
Dimensions générales
156 x 182,5 x 30,5 cm
Technique(s)
assemblé
Lien externe
Emplacement
Emplacement
Arrondissement ou ville liée
Outremont
Emplacement
Pavillon Maximilien-Caron (Faculté de droit)
Localisation
Hall d'entrée - A-3406
Adresse
3101, chemin de la tour, Montréal, QC H3T 1J7
Accessibilité
En semaine

Description de l'oeuvre

L’œuvre est composée d’une épaisse plaque rectangulaire en verre givré, percée de deux hublots à chaque extrémité et enchâssée entre six plaques de verre translucides disposées de chaque côté. Douze boulons en acier inoxydable s’emboîtent symétriquement à travers ces parois. Le verre repose sur deux supports et un pied cylindrique en acier inoxydable fini satin.
La lumière qui traverse la sculpture et la réflexion de l’environnement sur le verre provoquent des variations de couleur. De côté, on distingue le cœur de l’œuvre qui ressemble à un mécanisme de machine, contrastant avec les surfaces lisses de l’extérieur. L’ensemble évoque la balance de la justice.
Cette sculpture fait partie d’un ensemble de cinq œuvres commandées à l’artiste lors de la construction des pavillons 3200, rue Jean-Brillant, Maximilien-Caron et Lionel-Groulx. À l’origine, ce hall servait de salle d’attente pour les bureaux de la direction. Il est maintenant un lieu de passage.
Soulignons que de Tonnancour a transposé ici les formes géométriques – cercle, rectangle – qu’il utilise pour ses murales en formica. Son désir d’exploration de matériaux nouveaux le conduit à utiliser du verre et de l’acier. À cette époque, les sculpteurs travaillaient surtout le bronze et l’aluminium. Le verre a été découpé en usine et les boulons ont été fabriqués sur mesure.