Aner Urra vit ctuellement dans le sud du Chili, dans la région rurale de Villarrica.
Graphiste de profession, il se consacre à la peinture et à l’illustration depuis 2005.
Le travail d’Aner est marqué par des éléments de la nature, des feuilles, des racines, des plantes, de l’écorce d’arbre, qui dialoguent avec des personnages aux traits indigènes, générant des histoires oniriques, où les perspectives, les éléments et les significations sont transposés.
Au fil de son parcours dans la peinture murale, il a pu laisser ses traces sous différentes latitudes, notamment au Brésil, en Argentine, au Paraguay, en Bolivie, en Colombie, au Canada, au Mexique et en France.
Description de l'oeuvre
L’œuvre Piwkentukun est un mémorial dédié aux enfants autochtones du Canada et, plus largement, aux peuples originaires de toutes les Amériques.
La définition étymologique du mot « se souvenir », c’est repasser par le cœur, explique Aner Urra. Pour l’artiste visuel mapuche, qui a passé plusieurs semaines à Montréal à concevoir et à réaliser la murale Piwkentukun, se souvenir, c’est « prendre notre cœur et faire mémoire », d’une manière contenue, qui ne soit ni désordonnée ni violente, mais plutôt consciente de ce qui s’est passé, sans rien omettre.
« Me souvenir du génocide historique des peuples autochtones dans toutes les Amériques et pendant la dictature au Chili, ainsi que de la découverte de tombes [non marquées] d’enfants autochtones au Canada. J’ai voulu intégrer tout cela dans la murale à travers divers symboles visuels. » Citation d’Aner Urra, muraliste.
L’artiste a expliqué que les éléments symboliques qu’il a choisis pour l’œuvre ne sont pas aléatoires.
L’enfant, par exemple, représente l’innocence qui tient dans ses mains le passé, sous la forme d’un cœur.
« Quand un être humain utilise ses mains pour agir sur quelque chose, il peut cultiver, sculpter, construire un foyer. Les mains de l’enfant qui contiennent le cœur symbolisent pour moi que nous allons remuer les choses pour nous souvenir, dans un geste de réparation, de mémoire, d’affection, de tendresse face à tant de douleurs du temps passé. » Citation d’Aner Urra, muraliste.
Les autres éléments de la murale sont également symboliques pour le muraliste. En particulier, la couleur orange des vêtements de l’enfant a une signification spéciale au Canada, car elle rend hommage à la mémoire des enfants autochtones morts dans les pensionnats pour Autochtones, ainsi qu’à la force de ceux qui ont survécu.
Les fleurs de cannelier et de fraisier qui entourent l’enfant dans la murale représentent le territoire et la santé, tandis que le masque en bois évoque ses rituels traditionnels.

