D’origine jamaïcaine, l’artiste, écrivain et commissaire Charles Campbell réside en territoire ancestral lək̓ʷəŋən, à Victoria, en Colombie-Britannique. Alliant sculpture, son, installation et performance, son travail tire les ficelles du temps. Ouvrant des fenêtres sur le passé et le futur, Charles Campbell reconstruit des connexions somatiques, communautaires et spirituelles, créant des espaces de réconfort et de sens pour nous toutes et tous qui vivons dans le sillage de l’esclavage et de la colonisation. Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions dans les Caraïbes, au Canada et ailleurs dans le monde. Lauréat de nombreux prix, il détient une maîtrise ès beaux-arts du Collège Goldsmiths et un baccalauréat ès beaux-arts de l’Université Concordia.
Description de l'oeuvre
Those that pass through, remain, return (« Qui passe reste, revient ») est un projet d’art public de trois ans qui célèbre la communauté noire de l’Université Concordia et de Montréal. Des enregistrements sonores de la respiration de personnes âgées de la communauté, d’artistes, de militant·e·s, de professeur·e·s et d’étudiant·e·s de Concordia forment la base de l’installation.
Sur les fenêtres se dressent des portraits de souffle saturés de couleurs, représentations visuelles des souffles enregistrés. Dans le hall, un paysage sonore donne à entendre des chants d’oiseaux migrateurs des Caraïbes et du continent africain, qui deviennent une invitation codée à invoquer nos ancêtres, tandis que le souffle sous-jacent est porteur d’émotion, de mémoire et de présence. « Le souffle vient contrer l’instrumentalisation constante des corps noirs et les voies habituelles de validation : réussite, excellence, souffrance et résilience…, ici, on peut respirer, tout simplement, explique Charles Campbell. Le chant des oiseaux représente l’individualité et la diversité qui caractérisent la communauté noire, les nouvelles perspectives que nous apportons et les nombreux itinéraires migratoires que nous parcourons. »

