Artiste montréalais à la pratique transdisciplinaire, Jean-François Roy explore les points de convergence entre la sculpture et le dessin, avec une prédilection pour l’ontologie du pli comme principe constitutif de la matière, de la forme et de l’espace. Fort d’une formation initiale en architecture à l’Université McGill, il a par la suite théorisé et approfondi le potentiel plastique du pliage lors de sa maîtrise ès arts à l’UQAM. Sa production actuelle s’articule autour de dispositifs variés, allant du bas-relief à l’installation monumentale, en passant par la sculpture et les compositions sur papier.
Au cœur de sa démarche réside une investigation des dimensions paramétriques et itératives du pli. Envisagé comme un véritable lexique formel, celui-ci permet à l’artiste d’interroger les possibilités tridimensionnelles des matières planes, où la surface se complexifie sans rupture. Sous l’action du geste, la matière transcende son rôle premier de support pour devenir à la fois objet et sujet de création. Le pli s’affirme alors comme principe d’organisation : il engendre la volumétrie sans ajout, par simple modulation d’un plan, générant simultanément structure et spatialité.
Les œuvres de Jean-François Roy instaurent une tension entre la force structurelle et la vulnérabilité intrinsèque de certains matériaux, captant la lumière pour créer une rythmique faite de nuances et de contrastes. Le pli s’y manifeste comme expérience sensible et corporelle, prenant forme dans la relation dynamique entre œuvre, lumière et observateur.
- 12 Oeuvres
- 2h30min 45min
- Réciprocités
Appartenance Lachine-Est 
Description de l'oeuvre
Avec Babel, l’artiste propose une sculpture qui évoque un mouvement perpétuel et dont la forme dérive du cercle, figure choisie autant pour sa charge symbolique que pour ses résonances avec le passé industriel de Griffintown. En effet, silos, engrenages, poulies et écrous continuent de composer un imaginaire latent du territoire. À la fois sculpture et assise, l’œuvre en acier inoxydable plié ne se limite pas qu’à l’observation : elle engage le corps. Passantes et passants peuvent la toucher, l’explorer, s’y asseoir et s’y retrouver, devenant ainsi un espace de circulation et de rassemblement au sein du quartier.
L’œuvre Babel, fruit d’une collaboration entre l’organisme Artbangbang et le constructeur Prével, a été réalisée dans le cadre du projet de Corridor Culturel.


