Eruoma Awashish naît et grandit dans la communauté d’Obedjiwan au sein d’une famille d’artistes. Issue d’un père atikamekw et d’une mère québécoise, elle est en contact avec ces deux cultures qui sont au coeur de sa démarche artistique. Elle fait partie de la génération postpensionnat et a fait ses études dans le système scolaire québécois postcatholique. Cette nouvelle génération qui échappe aux blessures profondes occasionnées par les pensionnats autochtones est au coeur d’une résurgence et d’une réaffirmation identitaire qui se développe depuis quelques années.
Eruoma participe activement à différentes luttes altermondialistes environnementales comme le Mouvement Idle No More (« Jamais plus l’inaction »), mouvement créé par des femmes issues des Premières Nations, et mené au Québec par les militantes Widia Larivière et Melissa Mollen Dupuis. Elle réactualise et enrichit aussi plusieurs traditions qui avaient peu à peu disparu ou qui avaient été réprimées par les lois américaines et canadiennes, comme la danse traditionnelle de pow-wow qu’elle pratique.
Elle réside maintenant dans la communauté innue de Mashteuiatsh, près du lac Piekuakami (lac Saint-Jean), au Saguenay–Lac-Saint-Jean, où elle occupe le poste de commissaire d’exposition au musée amérindien de Mashteuiatsh depuis 2017.
Description de l'oeuvre
Cette murale s’inscrit dans le cadre de l’initiative ARRUE du gouvernement du Québec qui vise à sensibiliser les citoyen.ne.s des villes de Québec, Gatineau et Montréal aux enjeux des personnes en situation de précarité résidentielle à travers des projets d’art public. La Ville de Montréal désire créer un dialogue avec ses populations autochtones marginalisées, le Bureau d’art public de Montréal a donc fait appel à MU comme producteur de murales et alliée des peuples autochtones.
La murale a été réalisée par l’artiste atikamekw Eruoma Awashish qui a choisi de peindre un immense cœur afin que la narration et le message soient simples, directs et universels. Le cœur, qui est la signature des œuvres d’Eruoma, est une notion complexe et polysémique, liée à la vie, la force vitale qui anime tous les êtres vivants. Pour certains, le cœur est également un lieu de passage, un lien entre le monde physique et spirituel, permettant la communication avec les esprits et les ancêtres. Le cœur est aussi le symbole des émotions, de l’amour, de la spiritualité, de la connexion avec le monde. Il est le lien avec les autres êtres vivants, y compris la nature. Eruoma y a joint des motifs de plantes médicinales connues des Peuples Premiers.
Des ateliers de médiation culturelle se sont tenus aux Jardins collectifs de Milton Parc avec l’artiste Mohawk et Païute Leilani Shaw. Des ateliers ont aussi eu lieu au pied de la murale avec les usagers du refuge Open Door et de la Ruche d’Art de Milton-Parc.



